Les troubles des apprentissages correspondent à une atteinte durable et persistante affectant une ou plusieurs fonctions cognitives.

Ils surviennent chez un enfant d’intelligence normale et normalement scolarisé. Ils ne résultent ni d’une mauvaise formation scolaire, ni d’un contexte familial défaillant, ni d’un manque de volonté d’apprendre.

Ils doivent être distingués de la « simple » difficulté.

Apprendre, ça veut dire quoi ?

Il s’agit de la capacité d’un individu à intégrer des connaissances, de l’expérience de telle sorte que l’on s’approprie un savoir. Ainsi, on modifie notre comportement de manière naturelle, automatique et spontanée.

Et un trouble, c’est quoi ?

Dans le cadre des troubles spécifiques des apprentissages (TSA), le mot trouble fait référence à une difficulté qui s’installe dans le temps de manière durable. À l’inverse de la difficulté, le trouble ne pourra pas se résorber spontanément. Toutes les actions entreprises seront alors à visée remédiative et/ou compensatoire.

Un enfant « Dys » deviendra un adulte « Dys »

On parle de trouble lorsque le retard excède 18 mois par rapport à l’âge de développement de l’enfant, et ce malgré les actions entreprises (aides scolaires, rééducations, aide aux devoirs, etc.)

On sait également que :

– Le type de TDA/H avec inattention prédominante peut être confondu avec une dépression avec anxiété.

– Le type de TDA/H avec impulsivité prédominante peut être confondu, quant à lui, avec un trouble des conduites.

Dans ces cas complexes, la compréhension des troubles par l’entourage n’en est que plus difficile.

On m’a parlé de « handicap cognitif »

Il s’agit de l’appellation spécifique telle que donnée par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). Le terme cognitif regroupe toutes les fonctions mentales et cérébrales qui nous permettent de réfléchir. Pour schématiser, on parle de :

  • Fonctions mnésiques (mémoire de travail, à court terme, à long terme, des visages, des noms, etc.)
  • Fonctions exécutives (attention, concentration, flexibilité mentale, etc.)
  • Fonctions instrumentales: gnosies (donner du sens aux perceptions sensorielles), praxies (donner du sens aux gestes) et langage
  • Fonctions visuo-spatiales

Toutes ces fonctions sont intrinsèquement liées et sont sollicitées toute la journée de manière automatique et inconsciente.

Lorsque l’une ou plusieurs d’entre elles dysfonctionnent, cela crée une gêne importante et génère beaucoup de fatigue avec un retentissement sur la vie quotidienne et sur les apprentissages scolaires. C’est pourquoi, on parle de « handicap cognitif ».

Le diagnostic, c’est quoi ?

Un enfant qui présente des difficultés va poser question à son entourage. Vont s’en suivre toute une série de démarches et consultations visant à comprendre les difficultés de l’enfant. Un diagnostic de trouble spécifique des apprentissage va éventuellement être posé .

Cependant, il faut faire attention à l’effet « étiquette » d’un diagnostic. En effet, deux enfants présentant le même trouble ne vont pas nécessairement présenter les mêmes difficultés, ni avoir la même évolution. Les solutions proposées ne seront pas non plus identiques.

Il ne faut pas résumer un enfant à sa pathologie : il faut toujours garder à l’esprit que chaque enfant est différent. Il n’est pas responsable de son trouble. Il tente d’y pallier avec les moyens et les ressources qui sont à sa disposition.

Ça concerne qui ?

Selon les pathologies, les études et les classifications, les chiffres peuvent varier. En règle générale, on considère qu’un enfant par classe est touché par un trouble d’apprentissage en France, soit entre 6 et 8 % de la population.

Ces troubles affectent les enfants, quelque soit le milieu socio-professionnel de la famille.

Ça vient d’où ?

On sait qu’il existe un facteur génétique : les enfants ou les frères et sœurs de personnes présentant un trouble « DYS » ont plus de risques de présenter eux aussi un trouble spécifique des apprentissages. On sait aussi que les personnes présentant un trouble « DYS » ont un fonctionnement cérébral particulier, nécessitant des méthodes d’apprentissage spécifiques, singulières et individualisées. Cependant, les origines demeurent encore à ce jour méconnues.

Et les TSA dans tout ça?

Pour résumer, un trouble spécifique des apprentissages est un handicap cognitif invisible. Il survient chez des enfants intelligents, normalement scolarisés, dans un environnement familial adéquat. Ils se caractérisent par une difficulté durable qui les situe en deçà des normes attendues pour les enfants de même âge scolaire. Les troubles des apprentissages sont différents selon la modalité qui est touchée :

Pour les troubles spécifiques d’apprentissage :

On parlera de :

Lecture Dyslexie
Orthographe Dysorthographie
Langage oral Dysphasie
Compétences logico-mathématiques Dyscalculie
Gestes (praxies) Dyspraxie
Ecriture (graphisme uniquement) Dysgraphie
Attention TDA/H = Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité


Est-on obligé de les avoir tous ?

Heureusement, non !!! Par contre il est fréquent de voir ce que l’on appelle des comorbidités : c’est-à-dire avoir plusieurs de ces troubles. Par exemple, un enfant qui présente un trouble de la lecture (dyslexie) a souvent le même type de difficultés qui se manifestent lorsqu’il écrit (dysorthographie). On dit alors que ces deux pathologies présentent une très forte comorbidité.

A l’inverse, si un trouble ne touche qu’une « fonctionnalité », ses répercussions, quant à elles, peuvent être multiples ! Un trouble de la lecture ne se traduira pas par des difficultés uniquement en français, mais aussi en mathématiques (résolution de problème, compréhension des consignes, etc.), en histoire-géographie (lexique complexe, noms propres, …), ou encore dans la vie quotidienne : faire des jeux de société (lire les cartes, respecter les tours de rôle, accepter de perdre…), aller au restaurant (lire le menu), lire une histoire, etc.

Quelles prises en charge ?

Il s’agit avant tout d’une prise en charge pluridisciplinaire visant à répondre aux différents besoins de l’enfant. Comme nous l’avons vu plus haut, les fonctions cognitives sont des processus complexes, interconnectés et dont le fonctionnement est propre à chaque individu. Ainsi, le bilan aura pour but d’objectiver les points forts et les points faibles de chacun, afin d’adapter les explications et les aides. Ainsi, ce qui est valable pour un enfant présentant tel trouble d’apprentissage ne l’est pas nécessairement pour tous les enfants présentant le même trouble.

Comment agir lorsqu’un enfant présente des signes de TSA ?

En tout premier lieu, il faut consulter. Seuls les avis concertés de plusieurs spécialistes peuvent nous permettre de conclure ou non à un trouble spécifique des apprentissages. Il s’agit souvent de situations complexes où seuls les bilans de plusieurs professionnel permettent de poser un diagnostic. Ce diagnostic se fait « par exclusion », c’est-à-dire qu’on ne peut le poser qu’une fois qu’ont été exclues toutes les autres pathologies qui pourraient expliquer le trouble (par exemple : déficience visuelle, auditive, syndrome génétique,…)

En cas de doute, sachez que vous pouvez demander des conseils auprès de :

  • L’école (psychologue scolaire, médecin et infirmier scolaire…)
  • Le médecin traitant, le pédiatre, l’hôpital
  • La MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées)
  • Professionnels libéraux (orthophonistes, neuropsychologues, ergothérapeutes, etc.)
  • Les structures sanitaires ou médico-sociales : CMPP, CAMSP, etc.
  • Les associations de parents (FFDys, Asso DysGuyane…)