Définition

Il s’agit d’une difficulté d’apprentissage spécifique et durable du langage écrit. Il existe une origine neurobiologique sans causes apparentes.

On ne dispose pas en France d’une étude représentative de la prévalence de la dyslexie dans la population générale. Différents travaux estiment cette prévalence à un peu moins de 5 % des enfants à partir du CP — mais les prévalences sont généralement établies pour les enfants de 10 ans dans les études internationales. Les enfants atteints de dyslexie représenteraient selon certains auteurs environ un quart des enfants présentant des difficultés en lecture.

Classification

Il existe différents types de dyslexie :

  • Phonologique = 60 à 70 % des dyslexies
  • Lexicale (de surface) = environ 12 % des dyslexies
  • Mixte (atteinte de la voie phonologique ET lexicale) = environ 30 % des dyslexies
  • Visuo-attentionnelle (fréquente et souvent indépendante des troubles phonologiques)

 

Classification TSA - SESSADys

Modèle double voie (Coltheart et al., 2001)

Attention :

Ces deux voies fonctionnent simultanément!

La Voie Phonologique

Elle est aussi appelée « voie d’assemblage ».

Relation lettres-sons (règles de correspondance graphèmes / phonèmes) :

Lettres graphèmes phonèmes
f f, ff, ph /f/
a a, an,am, au, eau, ai /a/, /ã/, /o/, /e/
t t, tt, th, ti /t/, /s/, muet
s s, ss, sc /z/, /s/
c c, ç, ch, cc, sc /s/, /k/, /∫/

Un graphème = c’est le fait d’associer une ou plusieurs lettres à un son. C’est la procédure que l’on utilise pour lire les mots réguliers (exemple : « papa » = pa+pa, « cheval » = ch+e+v+a+l), les mots nouveaux (ceux qui ne sont pas encore appris) et les pseudo-mots (« patolu » = p+a+t+o+l+u).

La Voie Lexicale:

Elle est aussi appelée « voie d’adressage ».

Voie qui se base sur la représentation orthographique des mots. C’est l’utilisation du système lexical (représentations symboliques des mots stockées en mémoire, « adresses des mots »).

C’est grâce à cette voie que la lecture deviendra plus rapide. En effet, elle permet de ne pas passer par le décodage phonologique en s’appuyant sur la reconnaissance globale d’un mot (capture visuelle, automatismes de lecture).

C’est la procédure que l’on utilise pour lire les mots irréguliers (chorale, femme) et les mots réguliers déjà appris (école, carnaval…)

Les types de dyslexie

Dyslexies lexicales

Il s’agit d’un déficit de la voie lexicale (voie d’adressage), du canal visuel et de la mémoire visuelle.

La voie phonologique est plus ou moins préservée : l’enfant lit mieux les pseudo-mots (mots qui n’existent pas) ou nouveau mots. En revanche, il fait de nombreuses erreurs pour la lecture des mots irréguliers : erreurs de régularisation : tabac = tabak, galop = galope, femme = feume).

On retrouve des difficultés mnésiques : il n’y a pas de mémorisation à long terme de l’image des mots rencontrés. En conséquence le lexique interne est pauvre.

L’association à une dysorthographie est fréquente. L’enfant écrit « ce qu’il entend », il commet des erreurs phonologiquement plausibles (gato = gateau).

Dyslexies phonologiques

Il s’agit d’un déficit de la voie phonologique (voie d’assemblage) et des habiletés métaphonologiques.

La voie lexicale est plus ou moins préservée.

L’enfant ne peut pas lire les pseudomots (ex : natul, scropale) et le déchiffrage est laborieux. Il commet de nombreuses erreurs concernant :

  • Les conversions graphophonologiques : confusions sourdes sonores (p / b, t/d, v/f, s/z, ch/j…)
  • La séquentialité : paralexies phonémiques par addition, omission, substitution, déplacement de phonèmes…
  • La lexicalisation (aivron lu avion ou aviron)

Ceci s’associe à une lenteur globale du processus de déchiffrage compromettant l’accès au sens. L’enfant produit des efforts cognitifs importants, la fatigabilité est intense pour des résultats de lecture souvent décevants.

Cette dyslexie est souvent associée à une dysorthographie pour laquelle on retrouve le même type d’erreurs en transcription. Et parfois même associée à une dyscalculie en particulier dans les aspects en relation avec les processus linguistiques et séquentiels (comptage, connaissance du vocabulaire mathématique, signification des opérations).

Dyslexies visuo-attentionnelles

On constate un dysfonctionnement des voies visuelles :

  • voie magnocellulaire : gestion des mouvements oculaires, perception des contrastes…
  • voie parvocellulaire : traitement détails, formes, couleurs…

N.B: attention à ne pas confondre avec un trouble de l’acuité visuelle. Un trouble neurovisuel survient indépendamment d’un trouble sensoriel.

Ceci se manifeste par des troubles de l’oculomotricité (saut de mots, lignes, difficultés dans le balayage visuel de la page…) et des trouble de la reconnaissance des lettres (agnosie : dans ce cas il s’agit d’une incapacité à reconnaitre, identifier les lettres, confusions de lettres morphologiquement proches). On retrouve aussi des difficultés de traitement visuel de la séquence orthographique des mots limitant le développement du lexique orthographique (cf. dyslexie lexicale).

Les compétences en métaphonologie et en dénomination rapide sont bonnes. On retrouve un échec sélectif aux tâches visuo-attentionelles et des difficultés plus marquées en adressage. L’assemblage peut être réalisé mais il reste lent et laborieux.

Dyslexies mixtes (atteinte des deux voies: phonologique et lexicale et/ou visuo-attentionnelle) :

Toutes les configurations sont possibles en fonction des atteintes et/ou de leur sévérité.